Le code Chastenay

Durée :
30 minutes

Dans les labos d'ici et d'ailleurs:
La peste noire ressuscitée.

Au Moyen-Âge, la peste noire a tué la moitié des Européens en moins de cinq ans. Ce fut une des pires épidémies de l’histoire. Des généticiens viennent de réussir l’impossible : décoder l’ADN de la bactérie ancestrale de cette terrible maladie. Leur but : prouver que l’épidémie médiévale a bien été causée par la bactérie Yersinia Pestis, celle qui est à l’origine des cas de pestes d’aujourd’hui. Jusqu’à maintenant, tout ce qu’on avait pour soutenir cette hypothèse, c’était de vieux écrits décrivant les symptômes des soi-disant pestiférés de l’époque.

Les généticiens ont extirpé le matériel génétique de la bactérie dans les dents et les os de squelettes retrouvés dans un immense charnier situé en plein cœur de Londres, datant du 14e siècle. Le séquençage des fragments de génome de la bactérie ancienne a permis de surprenantes observations — notamment que cette dernière ne diffère pas beaucoup des souches actuelles, qui font pourtant peu de ravages. Pourquoi la bactérie de 1350 fut-elle alors si létale? Pour Hendrik Poinar, de l’Université McMaster, en Ontario, qui a codirigé l’opération de séquençage de la bactérie, les conditions d’hygiène déficientes de l’époque sont en cause. Selon lui, les humains de l’époque n’étaient probablement pas immunisés contre la bactérie, alors que les humains modernes – descendants des survivants de l’époque – auraient une certaine protection contre la peste noire.

Pour en savoir plus:

« Scientists Solve Puzzle of Black Death’s DNA », article publié dans le New York Times (octobre 2011).

« Plague genome: The Black Death decoded », article publié sur le site du magazine Nature (octobre 2011).

Retour à la thématique

Partenaires