Les gens dans le coma ont-ils un certain degré de conscience? C'est une question cruciale parce que, si c’est le cas, leur entourage devra les consulter avant de prendre d’importantes décisions médicales les concernant.
Or, des chercheurs belges viennent de réussir à établir une véritable « conversation » avec des patients comateux, rapporte Marie-Pier Élie. La communication — non verbale bien sûr — s’est établie grâce à des techniques d’imagerie cérébrale. Le cas le plus spectaculaire : un jeune homme de 29 ans a pu répondre oui ou non aux questions des chercheurs en activant des zones spécifiques de son cerveau.
Cette expérience troublante soulève de grandes questions éthiques, estime Binh An Vu Van. De plus, elle remet en question les méthodes actuelles d’évaluation de conscience, basées sur la mesure des réflexes de base. Dans 40 p. cent des cas, les médecins ne parviennent pas à distinguer un état neurovégétatif d'un état de conscience minimale. Mais faudra-t-il passer tous les comateux au scanneur? Non, répond Thomas Gervais : une nouvelle technique peu coûteuse donne de très bons résultats. Il suffit de faire sonner un timbre, puis d’envoyer une petite bouffée d'air dans les yeux des patients. Après plusieurs essais, seuls ceux qui sont conscients peuvent anticiper le souffle. Idéal pour les pays en développement!
