Le code Chastenay

Durée :
30 minutes

Des placentas contaminés

Des écotoxicologues de l'INRS s'inquiètent de la présence de contaminants dans les placentas humains.

Résumé du reportage

On s’en rend compte depuis quelques années : le fœtus humain est contaminé par tout un cocktail de polluants. Les scientifiques ont identifiés près de 300 substances dans le sang des cordons ombilicaux : des pesticides organochlorés, des métaux lourds, des revêtement antiadhésifs de poêles, des hydrocarbures provenant des voitures, et même des résidus de plastique.

Depuis plus de 20 ans, Cathy Vaillancourt, chercheure spécialisée en psychiatrie et obstétrique à l’INRS-Institut Armand Frappier étudie les placentas et les effets des polluants sur cet organe essentiel à la croissance du fœtus. Car, du placenta, dépendent les échanges gazeux entre la mère et l’enfant ainsi que l’apport des nutriments au fœtus. Il agit comme filtre, et à ce titre, retient de nombreuses substances nocives pour le bébé, tout en produisant ses propres hormones.

Et si le placenta passionne Cathy Vaillancourt, c’est aussi parce que cet organe éphémère qui n’existe que pendant neuf mois a des propriétés très étranges : « Le placenta agit comme tous les organes pour l’enfant, comme poumon, comme rein, etc. Mais on se rend de plus en plus compte qu’il a beaucoup de propriétés similaires à un cerveau. Il secrète des hormones uniques au cerveau, et émet même des neurotransmetteurs, comme la dopamine, la sérotonine, et la mélatonine. »

Or déjà, en travaillant sur quelques centaines de placentas récupérés sur la rive-sud de Montréal, la chercheuse observe des modifications étranges dans le fonctionnement du placenta : « Nous avons constaté que le plomb et le manganèse affectent les récepteurs de la dopamine, même chez des femmes enceintes dont le taux d’exposition à ces toxiques reste bien en-deçà des normes officielles dites acceptables», note la chercheuse.

La chercheuse aimerait à l’avenir établir la liste des molécules et des fonctions placentaires touchées par les divers polluants. Elle est d’ailleurs en train de mettre sur pied une étude pour étudier les communautés vivant autour de la Baie-des-Chaleurs. « La région est polluée par les industries qui rejettent des métaux lourds dans l’environnement. La population locale a été peu interrogée sur la relation entre les contaminants et son état de santé. Nous aimerions observer à l’avenir leurs effets sur le placenta des futures mamans.» Avis aux intéressées!

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