Le code Chastenay

Durée :
30 minutes

Émission 166

MARDI 4 novembre 2014 - 19 h

Le verre dans tous ses éclats.

Le verre dans tous ses éclats.

Échappez un verre au sol et il se brisera en morceaux. François Barthelat, professeur au département de génie mécanique de l’Université McGill, travaille à corriger cet inconvénient. Il a réussi à concevoir un verre 200 fois plus résistant que la normale, en s’inspirant de la nacre qui tapisse l’intérieur des coquillages. Cette substance composée à 95 % de craie y est 3000 fois plus résistante en raison de son architecture particulière. Au lieu de former un bloc solide, la structure de la nacre est composée de milliers de petites briques empilées les unes sur les autres, ce qui lui permet de craquer sans se rompre. Pour imiter ce phénomène, François Barthelat trace des stries dans le verre en utilisant un laser. Son procédé intéresse déjà l’industrie qui y voit des débouchés pour les écrans de téléphones intelligents ou les pare-brise de voitures.

Alchimie dans les égouts.

Alchimie dans les égouts.

Les matières solides retenues dans une usine d’épuration des eaux forment une boue indésirable, qu’on enfouit ou qu’on incinère le plus loin possible des regards. Mais Rajeshwar Dayal Tyagi, professeur au centre Eau, Terre, Environnement de l’INRS, a une autre idée en tête. Il veut recycler ces boues pour en extraire du biocarburant. Comment? En utilisant des bactéries pour convertir le carbone présent dans la boue en gras, qu’il est ensuite possible de transformer en biocarburants par des procédés déjà bien connus. De l’identification des bonnes bactéries à utiliser à l’élaboration du processus chimique pour extraire le gras, il a fallu près de 30 ans au professeur pour établir un procédé viable. Résultat : aujourd’hui, pour 10 litres de boues, on obtient 150 grammes de biodiésel à un prix compétitif. Un procédé semblable pourrait être utilisé pour produire du plastique ou des enzymes. Vive les boues usées!

Capsule de Pierre Chastenay:<br>
Voler à l'aveuglette.

Capsule de Pierre Chastenay:
Voler à l'aveuglette.

Chaque année, des centaines de milliers d’oiseaux entrent en collision avec des pylônes électriques, des éoliennes ou des gratte-ciels. Pourquoi les oiseaux ne voient-ils pas ces obstacles pourtant bien visibles? Le système visuel des oiseaux serait spécialisé pour se concentrer sur les objets en mouvement plutôt que fixes. De plus, lorsqu’ils volent, les oiseaux regardent vers le bas, ce qui les rend aveugles à ce qui se trouve devant eux. Solution? On songe à installer sur les structures en hauteur des alarmes sonores ou visuelles pour prévenir les oiseaux.

Dans les labos d'ici et d'ailleurs :<br>
La thérapie vampire.

Dans les labos d'ici et d'ailleurs :
La thérapie vampire.

Cette semaine, nos journalistes abordent deux études récentes qui ouvrent la voie à une « thérapie vampire ». Dans une expérience, on a injecté du sang de jeunes souris à des souris âgées. Les résultats sont surprenants : les souris « vampires » ont un cerveau plus agile et performent mieux qu’avant à des tests d’apprentissage et de mémoire. Une des responsables serait l’hormone GDF11, qui est présente, tant chez l’homme que la souris, en plus grande quantité chez les jeunes que les vieux. Cette hormone pourrait être synthétisée en laboratoire dans le but d’offrir une cure de jouvence à des cerveaux vieillissants. Mais ces recherches posent aussi de sérieuses questions éthiques : par exemple, vers quelles dérives pourrait nous emmener cette quête de jeune sang, notamment dans les pays où le prix des hormones synthétiques sera prohibitif?

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